Roumains en France et pas seulement dans le metro

« Nous devons beaucoup aux Roumains. Ils ne nous ont pas seulement fourni avec générosité en actrices ou en sculpteurs : un Brancusi, une Elvire Popesco, à l’accent inoubliable dans les chefs d’œuvre de Robert de Flers et d’Arman de Caillavet (…). Ils nous ont donné aussi quelques-uns des meilleurs artisans de notre langue qu’ils connaissaient mieux que nous et qu’ils aimaient autant que nous : Mme de Noailles, née Brancovan; tous les Bibesco, si chers à Marcel Proust; dans un genre assez différent, Tristan Tzara, le fondateur de Dada: Panaït Istrati, un romancier de l’aventure, auteur de Kyra Kiralina; et surtout les trois amis qu’on voit ensemble sur des photographies et qui illustrent avec éclat la littérature française d’après la Deuxième Guerre mondiale: Mircea Eliade, romancier, mythologue, historien des religions; Eugène Ionesco, être lunaire et exquis qui bouleverse, avec Beckett, le théâtre contemporain et dont La Cantatrice chauve ou Les Chaises n’ont jamais cessé d’être à l’affiche quelque part pendant un quart de siècle; et puis Cioran, qui s’appelait Cioranescu et dont le prénom, Emile, s’est perdu en cours de route, comme celui d’Ionesco (…) ».
(extrait de « Une autre histoire de la littérature française », Jean d’Ormesson, Nil éditions, 1998)

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