Peut-on se jouer de Dieu ? Stefan Brijs – Le Faiseur d’anges

Wolheim, une bourgade paisible située quelque part aux confins de la Belgique, de l’Allemagne et des Pays Bas. Un bar, des jours qui manquent d’humeur et de rumeurs. Jusqu’à ce 13 octobre 1984 : le docteur Victor Hoppe, un enfant du pays parti depuis longtemps, revient avec ses trois fils, des triplés qui partagent la même troublante difformité physique. Les rumeurs vont bon train, mais les compétences du docteur font taire les réticences des villageois. Il les soigne tous, gratuitement, tout en s’occupant avec grand soin de ses trois enfants. Ils semblent s’intégrer. Un temps. Mais le passé du jeune docteur Hoppe revient par flash blacks subtils. Aux gens du village, au médecin devenu adulte… Les enfants développent une étrange maladie. Et vite, le mystère autour de sa descendance s’épaissit.
Nous sommes dans une sorte de thriller médical, avec une vraie bonne composition, qui nous tient en haleine tout au long des 459 pages. Qui est réellement Victor Hope, cet enfant considéré débile à la naissance et qui s’avérera plus tard surdoué mais associable ? Qu’adviendra-t-il des enfants ? Et jusqu’ou peut-on repousser les limites de la vie ? En voilà seulement trois, mais les questions que pose cette lecture sont légion : qu’adviendrait-il si l’on pouvait se cloner, éviter que nos clones héritent nos défauts, qu’ils aient une intelligence supérieure, qu’ils accomplissent ce que nous n’avons pas été capables d’accomplir ? Peut-on se jouer de Dieu ? Le pourra-t-on un jour ? Car bien plus que de clonage, le livre de Stefan Brijs parle du bien et du mal, de la science et de la religion, de la superstition et des préjugés.
Un livre atroce et fantastique, d’une vraie écriture romanesque. J’ai aimé.

Stefan Brijs est né dans la province belge du Limbourg, en 1969. Après avoir été longtemps enseignant, il se consacre entièrement à la littérature depuis dix ans. Son roman, traduit en dix langues, a reçu plusieurs prix littéraires aux Pays Bas.

images.jpgLa première phrase:

« Aujourd’hui encore, certains habitants de Wolheim assurent qu’ils ont d’abord entendu les pleurs à trois voix des bébés installés sur la banquette arrière, bien avant le bruit du moteur du taxi qui entrait dans le village ».

Stefan Brijs, Le Faiseur d’anges, éditions Héloïse d’Ormesson, traduction Daniel Cunin, 459 pages, 23 euros.

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