Monsanto 810: invraisemblable histoire en Roumanie

Alors que la France demande ce matin son interdiction, le Mon810 ne se porte nulle part aussi bien qu’en Roumanie:le nouveau ministre de l’Agriculture est l’ancien responsable de ventes Monsanto pour le pays.
Un frisson parcourt quiconque découvre en ligne ces jours-ci le CV du nouveau ministre de l’Agriculture roumain, Stelian Fuia : un cadre issu des lobby pro OGM est désigné, en ces temps de reformes et de modernisation, à la tête des paysans roumains.
Nouveau ministre qui se prononce sans hésitation en faveur de l’introduction des OGM (autres également que ceux déjà cultivés dans le pays) dès que Bruxelles aura donné son feu vert « La Roumanie approuvera les cultures OGM si la législation européenne le permettra » a déclaré sans complexes Stelian Fuia cité par l’agence Agerpress. Alors que selon un sondage Omnibus 2011 les Roumains se prononcent à 74% contre les cultures génétiquement modifiées.

Le grand intérêt des autorités roumaines pour les organismes génétiquement modifiés ne date pas d’aujourd’hui. Le précédent ministre, Valeriu Tabara, était lui aussi contesté pour ses liens passés avec la même compagnie américaine Monsanto, le plus important producteur mondial d’OGM. Etat des lieux : à ce jour, les seuls cultures OGM autorisées en Europe sont la pomme de terre Amflora (du groupe BASF) et le maïs Mon810 (produit par Monsanto) .Seul le MON810 est cultivé en Roumanie depuis l’entrée du pays dans l’UE en 2007 ( alors que sa culture est interdite dans sept pays dont la France et Allemagne, que 15 autres Etats ont décidé de ne pas le cultiver et que son autorisation de culture, arrivée à terme il y plus d’un un an, n’a toujours pas été renouvelée)

La question du conflit d’intérêts se pose forcément
Le CV de M. Fuia qui était il y a quelques jours encore consultable sur le site du parlement roumain nous apprend que Stelian Fuia a notamment été directeur commercial de Monsanto Roumanie entre 1999 et 2002. Sa carrière au sein du groupe américain avait commencé en 1995 comme manager des ventes. En tant que député au Parlement Roumain il a déjà voté la loi 247/2009 d’autorisation des OGM et est un défenseur connu des organismes génétiquement modifiés, comme l’était le précédent ministre de l’Agriculture.

Et voilà donc comment alors que le groupe allemand BASF a récemment renoncé à développer des produits transgéniques pour le marché européen en soulignant que les OGM ne sont pas acceptés dans de nombreuses régions en Europe par la majorité des consommateurs, en Roumanie on attend avec impatience que la législation européenne s’ouvre au nouveau marché…

Nouveaux marchés et anecdote véridique vécue dans un village roumain il y a deux ans
Il y a deux ans, dans ma boite aux lettres du village transylvain où je passe mes vacances, je reçois un papier officiel de la mairie me « convoquant » en ma qualité de propriétaire de verger à « récupérer les traitements sanitaires » Offerts.
J’avais bondi de rage ce jour là : dans un village vidé de sa jeunesse et où les anciens savent à peine lire, où 50 ans de communisme ont transformé tout papier des administrations en source de stress, les termes de cette « convocation » étaient plus qu’ambigus.
A l’époque les produits étaient gratuits. Aujourd’hui, lois du marché obligent, ils sont surement payants. Mais après la mairie, un ministre de l’agriculture responsable des ventes Monsanto pour la Roumanie, et ayant également travaillé de 2002 à 2005 pour Procera Agrochemicals Romania, une entreprise spécialisée dans les pesticides, les engrais et les semences, cela fait trop.
Espérons que la société civile roumaine se mobilise et arrive à obtenir, comme le demande la député PNL Lucia Varga, une autre nomination pour cette fonction. Et souhaitons à la Roumanie , pays tristement célèbre pour la corruption de ses hauts fonctionnaire et hommes politiques de vite et enfin trouver sa voie au sein de l’Europe, pas celle des lobbys mais celle du progrès des peuples.

Ce contenu a été publié dans Uncategorized. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Comments Closed

Les commentaires sont fermés.